"Non Google ne rétrécit pas le savoir"
Publié le 13 octobre 2009 à 07:57

Dans Libération du 13 octobre, à propos de Google, Jérôme Sackur maître de conférences à l’Ecole normale supérieure répond au point de vue publié le 30 septembre dans Libération.
Thierry Klein prétend démontrer «Comment Google contribue au rétrécissement du savoir». L’argument, serré, tient en quelques phrases : Google, entreprise commerciale, cherche à faire du profit. Aussi, les réponses aux recherches que nous y faisons ne sont pas les plus pertinentes, mais les plus profitables. Nous sommes donc conduits vers les pages qui rapportent le plus à Google, c’est-à-dire vers les pages contenant de la publicité.
Quand Thierry Klein cite le cas des «étudiant et chercheur», qui ne pourraient travailler sur Internet sans, en quelques clics, par un mécanisme fatal, se retrouver dans le pur divertissement, c’est à se tordre. (...). Le fait que le divertissement soit à quelques clics de mon travail (plutôt qu’à quelques pas) est sans doute le prix à payer pour l’accroissement inouï des ressources documentaires qu’Internet fournit.
Si Internet facilite de manière hallucinante l’accès à la culture, il ne le fait pas sans divers biais. D’abord un biais temporel : la recherche contemporaine, le passé immédiat, est surreprésenté dans ce qui est facilement accessible. Dès que l’on remonte un peu dans le temps, on s’aperçoit qu’il n’y a plus de systématicité : l’accès aux oeuvres de l’esprit des siècles précédents dépend du hasard des numérisations, des choix plus ou moins raisonnés qui ont été faits.
Par Gilles Klein - Dans la catégorie
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