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Piratage de films : réponses à Besson

Publié le 16 février 2009 à 18:30

Samedi, je parlais ici de la tribune publiée dans Le Monde par Luc Besson qui dénoncait les sociétés complices des "pirates" qui proposent le téléchargement de films via Internet ou permettent leur visionnage.

Lundi matin, comme on pouvait s'y attendre, sur son blog, l'excellent maître Eolas répond (longuement) de manière détaillée et pertinente à certains arguments de Besson. Exemples :
Et visionner un film gratuitement sur internet n'est certainement pas un délit. C'est même en principe parfaitement légal, ça ne devient illégal que si la personne qui diffuse les images n'en est pas l'auteur et n'a pas reçu l'autorisation de celui-ci. Ainsi, la plupart des vidéos sur les sites du type Youtube ou Dailymotion sont parfaitement légales.

Enfin, j'aurais bien aimé savoir d'où tu sors ton chiffre de 500.000 téléchargements quotidien. Ça me rappelle un peu le gouvernement qui est capable de me dire le nombre de délits commis en France, ou le nombre de clandestins qui y vit.
"Quelle nation accepterait de punir sévèrement les consommateurs de drogues tout en laissant leurs dealers prospérer tranquillement ?" écrivait Besson

Ah oui, ce sont des dealers. Des dealers qui donc voleraient de la drogue pour la distribuer gratuitement à leurs clients, en se finançant en mettant de la pub sur leur T-shirt et leurs pochons de drogue ?

Bon, admettons. Ça devient compliqué, cette histoire. Mais alors, dans ce scénario, le producteur de drogue, c'est qui ?

Mais… c'est toi, Luc, non ? Ah, que c'est délicat de filer des métaphores ! Mais note bien que je crois que tu as mis le doigt sur quelque chose. Car l'industrie du cinéma comme celle de la musique d'ailleurs, repose effectivement sur des comportements analogues à ceux des dealers : on crée un besoin pour hameçonner le client (bandes-annonce, matraquage publicitaire, clips alléchants sur toutes les chaînes visant le public cible) et quand il est accro, on l'oblige à payer pour l'assouvir (la place de cinéma à 10 euros, puis le DVD à 30 euros, le pay per view à 3 euros, sinon il y aura le passage à la télévision… financé par la pub ; la place de concert à 50 voire 100 euros, l'album à 25, la sonnerie à 2 euros, le single à 1 euro lisible sur un seul lecteur compatible). Sachant qu'une grande partie de la clientèle cible est mineure.

Free, un des mis en cause par Besson, a aussitôt arrêté l'hébergement de beeMotion.fr qui s'en plaint.

La réponse des sociétés concernées "Chez Allotraffic.com, on explique l'impossibilité de contrôler les cinq mille sites qui affichent des annonces, avec seulement trois salariés." et celle de Price Minister citée citées par LeMonde.fr lundi après-midi me paraît plus faible : nous faisons de la publicité sur trop de sites pour savoir s'ils sont légaux ou pas. Chez PriceMinister, le PDG dit "On a plus de vingt mille sites affiliés qui affichent de la publicité pour notre site, si Luc Besson veut nous prêter quelques centaines de salariés de son entreprise pour vérifier chacun d'entre eux, pas de problème."

Par Gilles Klein - Dans la catégorie cinema / juridique
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