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Versailles et Koons : visite privée

Publié le 14 septembre 2008 à 18:39



Versailles photo Gilles Klein

Versailles : Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture, ancien président du Centre Pompidou (Beaubourg) président du domaine de Versailles (de dos) présente le château à une vingtaine de blogueurs rassemblés autour d'une maquette. Ces blogueurs, dont votre serviteur, sont reçus après la fermeture au public, pour une visite privée, des Grands Appartements du roi où se déroule l'exposition Koons.

Pour la première fois un artiste contemporain est invité à exposer pendant plusieurs semaines une sélection de ses oeuvres (une quinzaine dans ce cas précis) à Versailles. Le dialogue entre "le plus baroque des néo-pops" comme le qualifie Jean-Jacques Aillagon et le classicisme du château intrigue bien sûr.
Mr Aillagon ne va pas se contenter de cette présentation magistrale devant la maquette, il va accompagner longuement ses hôtes en les faisant profiter de sa connaissance du château et de son intimité avec l'art contemporain.

Versailles photo Gilles Klein
Balloon Dog

La première oeuvre, ce Balloon Dog en acier inoxydable chromé, reflète avec élégance la pièce où il trône face à un chef d'oeuvre du peintre vénitien Véronèse. D'ores et déja, le pari pourtant incongru semble gagné.
Versailles Koons photo Gilles Klein
Balloon Dog


Lobster Photo Gilles Klein
Lobster

Malgré son côté structure gonflable, Lobster (homard) pèse une centaine kilogrammes. il a été accroché à la place d'un lustre.

Versailels Photo Gilles Klein

New Hoover Deluxe Shampoo Polishers.

Seul moment vraiment improbable sous le portrait de Marie-Antoinette, ces aspirateurs et shampouineurs de sol ou de moquette.

Versailles photo Gilles Klein

La panthère rose dans les bras d'une blonde regarde avec étonnement le décor qui l'entoure.

Versailles Photo Gilles Klein


L'ours et le policier veillent à l'entrée de la galerie des glaces

Versailles Photo Gilles Klein
Moon

La lune bleue, ronde et ventrue, veille au bout de la galerie des glaces déserte (et rénovée, je l'avais vue pendant le stravaux. Elle a belle alllure, et ici pas de querelle style chapelle Sixtine, les peintres ne sont pas, tout d'une coup, brutalement devenues colorées comme des bandes dessinnées). Dommage que la lune soit si basse sur son support qui la tasse un peu, mais c'est un détail.

Versailles Gilles Klein

Le maître des lieux nous fait ouvrir la chambre du Roi, et commente pour le plaisir.

Versailles photo Gilles Klein

Dans la cour du château, face à la grande esplanade par laquelle le public accède à Versailles, le jaune chromé de Koons renvoie aux ciselures dorées de la nouvelle grille récemment mise en place à la place de l'ancienne qui avait disparu lors de la révolution française.

Un clin d'oeil à ceux qui méprisent l'artiste américain, Koons étant vu comme le mariage de l'art et de la finance, vu le prix astronomique de ses oeuvres. Valorisation qui existait avant cette expo à Versailles. Ces oeuvres n'avaient donc pas besoin de cette présentation pour être hors de prix, contrairement aux accusations lancées contre Aillagon, parce qu'il anima le palazzo Grassi (ancienne Fondation Fiat) vénitien appartenant à François Pinault, propriétaire de certaines des oeuvres présentées ici. Cette grille a nécessité 100 00 feuilles d'or dit-on. Ce mariage de l'art et de l'argent ne date donc pas d'hier.

Alors clinquantes, sucrées, acidulées comme des bonbons, ces oeuvres dont certaines pèsent quelques tonnes ? Peut-être ! Mais si elles peuvent réveiller Versailles, faire écho au delà de nos frontières, via la presse internationale, nous amener à polémiquer sur l'art contemporain, tant mieux. Le dialogue entre la majorité des oeuvres présentées, et le décor historique qui les abrite est aussi riche que fructueux. Koons apparaît comme un choix logique, d'autant plus que l'on jamais vu une telle rétrospective de son oeuvre en France.

Versailles Gilles Klein

Grand seigneur qui n'a pas compté son temps pour quelques inconnus blogueurs, le costume de velours d'Aillagon s'éloigne, nous abandonnant, libres comme l'air, près du jardin de l'Orangerie où Split-Rocker, sorte de Janus bifrons, domine logiquement du haut de sa douzaine mètres et des (dit-on) 1000 000 fleurs qui le recouvrent.

Pour celui qui fréquente Versailles de temps en temps, ce fut l'occasion de regarder le château d'un oeil neuf, d'autant plus que les travaux de restauration portent leurs fruits, les facades sur les jardins en témoignent. Une visite jubilatoire dont on repart le coeur léger et l'oeil enrichi.

Par Gilles Klein - Dans la catégorie
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Commentaires sur ce billet :




Merci beaucoup pour cette visite virtuelle, je regrette de ne pas pouvoir m'y rendre moi même. Vos impressions sont beaucoup plus intéressantes et constructives que le micro-trottoir (ou plutôt le micro-galerie) du JT, où des badauds légèrement déçus de ne pas trouver les appartements royaux ou la galerie conformes à leurs rêves de touristes se lamentaient sous l'oeil complaisant de la caméra.

D'un autre côté, on peut comprendre que ce genre d'installation choque d'une part le profane, et d'autre part quelqu'un qui aurait fait le déplacement uniquement pour le Versailles "classique", et qui ne le trouve pas "dans son jus".

Mais je suis assez d'accord avec vous sur le côté "réveiller Versailles", même si j'ai plutôt tendance à penser que la vraie question posée par cette installation est plutôt celle de l'oeuvre d'art en tant que telle : qu'est ce qu'un oeuvre ? Pourquoi un homard métallique nous choque t-il ? Quel est l'effet recherché en confrontant frontalement ces eux univers ?

par Sammy le 15 septembre 2008 à 02:40



Bien aimé te shooter aussi : http://www.blogitexpress.com/twitt/24/21766
...et moins point de vu sur la chose : http://minurl.fr/12f

par Mry le 15 septembre 2008 à 05:28



Très beau compte rendu. Je n'ai malheureusement pas pu venir.

par Fubiz le 15 septembre 2008 à 06:05



Une telle initiative ne peut s’analyser que comme une agression à l’encontre du patrimoine que l’Etablissement Public a la charge de conserver et à l’égard du public et du contribuable qui, ayant financé l’entretien du Château, ont le droit légitime de le visiter dans le respect de son intégrité artistique et historique.
La frustration que subiront les visiteurs peut se comparer à celle d’un mélomane qui, se rendant au concert, le verrait perturber par un énergumène donnant à tout va des coups de klaxons. Vous concevrez son étonnement, puis sa rage, si on lui annonce que le perturbateur a été invité par l’organisateur du concert, de façon à provoquer une « stimulante confrontation »
Rien ne peut justifier une aussi grotesque parodie, si ce n’est une philosophie nihiliste où tout se vaut, où l’immondice le plus vil est l’égal du plat le plus fin.
Louis Réau, le plus grand spécialiste du vandalisme, qualifiait autrefois de telles violences de "vandalisme par substitution".

par furgole le 8 octobre 2008 à 11:59



J'ai malheureusement été témoin de cette exposition, que je trouve scandaleuse. Elle est le symbole des artistes qui, dénués de génie, ne cherchent qu'à choquer.

par Gignoux le 17 mars 2010 à 18:54





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