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Les "Causeries à bâtons rompus" de Pierre Bilger, ancien pdg d'Alsthom

Publié le 30 avril 2007 à 11:08

BlogPierreBilger.pngSur son blog, Pierre Bilger présente ainsi son dernier livre :

Plus de cinquante mille livres sont publiés chaque année en France par un peu moins de cinq mille maisons d’édition. Etait-il donc indispensable d’en publier un de plus et de créer pour cela une nouvelle maison d’édition, Florimont, en partenariat avec lepublieur.com ? A l’évidence, non. Sauf à poursuivre un projet particulier. Par exemple parler d’autre chose que de l’élection présidentielle. Par exemple aussi, si vous le voulez bien, laisser une trace physique dans votre bibliothèque, de ces plus de deux années de blog qui m’ont conduit à engager avec vous, à bâtons rompus, des conversations certes épisodiques, parfois animées, mais toujours intéressantes, en tout cas pour moi, et les prolonger en partageant avec vous d’autres réflexions, souvenirs et réactions, le plus souvent inédits.

...non sans tenter, en post-scriptum, une fois encore, de tuer la guêpe de la calomnie dont continue, de temps à autre, à faire l’objet mon action passée de chef d’entreprise.

Voir aussi la présentation sur le site Numilog où on peut l'acheter en version électronique :

C’est la « divine surprise » des blogs qui est à l’origine de ces Causeries à bâtons rompus. Ainsi, explique Pierre Bilger, « j’ai apprécié, beaucoup plus que je ne l’imaginais au départ, cette expérience et j’y ai trouvé un plaisir aussi rare qu’inattendu. Dans l’univers des blogs, le dialogue, souvent impossible dans la vie de tous les jours, se déploie sans entraves. Ces Causeries à bâtons rompus poursuivent, d’une autre manière, la conversation engagée avec des interlocuteurs rencontrés à l’occasion de mon premier livre en 2004, puis par l’intermédiaire du blog mis en ligne en janvier 2005. Certaines de ces réflexions y ont déjà été développées, mais beaucoup sont inédites. »

Alors que l'on évoque les 8 millions € versés à Noël Forgeard (EADS/Airbus) Pierre Bilger a, jeudi 26 avril, répondu, sans détour, aux questions des internautes sur le site du Nouvel Observateur. Extraits :

Réponse : A qui s'adresse votre question? Si c´est à moi, je suis désormais retraité et ma retraite se monte à un peu moins de 20.000 euros par mois avant impôt.

Réponse : Je fais un peu de conseil, mais surtout j´encourage et je soutiens des projets de jeunes entrepreneurs, huit à la date d´aujourd´hui. Et puis, j'anime mon blog à un rythme, il est vrai, un peu réduit depuis le référendum!

Pour comprendre le contexte, il suffit de relire Le Monde qui s'en prenait sévèrement à l'ancien pdg, le 7 août 2003. Extrait :

"Je laisserai un groupe en bonne santé", affirmait encore Pierre Bilger à l'automne dernier. Quatre mois après son départ, son bilan à la tête d'Alstom est navrant. Obnubilé par son indépendance et par son cours de Bourse, il a, en cinq ans de présidence hors du giron d'Alcatel, multiplié les erreurs stratégiques, les faux pas financiers, les paris hasardeux et conduit le groupe au bord de la faillite.

Le 19 août 2003, Pierre Bilger s'expliquait longuement dans une interview au Monde :

Pour être très précis, je renonce aux indemnités que j'ai reçues à mon départ de la fonction de directeur général, le 1er janvier 2003, ainsi qu'à la majeure partie du préavis, ce qui correspond à une somme de 4,1 millions d'euros en brut ou, déduction faite des charges sociales, de 3,8 millions d'euros en net.

Pourquoi avoir attendu pour annoncer votre décision ?

Parce qu'évidemment la décision n'était pas simple à prendre. Vous connaissez la formule d'Albert Camus à propos de l'Algérie : « Je crois en la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice. » Si j'ose une telle comparaison, j'avais à choisir entre ma famille et une certaine conception de l'honneur.

Par Gilles Klein - Dans la catégorie edition
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Commentaires sur ce billet :




Merci pour le "buzz"!
Je précise cependant à l'intention de vos visiteurs que j'ai répondu aux critiques outrancières de cet extrait du Monde que vous citez dans mon premier livre "4 millions d'euros, le prix de ma liberté".
J'ajoute que, depuis lors, la rapidité du redressement d'Alstom suffit à introduire un doute sur leur pertinence. Si mes douze années à la tête de l'entreprise avaient été aussi désastreuses, je gage qu'il aurait fallu plus de 18 mois pour surmonter brillamment la crise financière, provoquée par un sinistre technique d'une dimension inhabituelle, celui des turbines à gaz GT24-GT26.

par PBi le 30 avril 2007 à 19:23



ma tante a été remerciée après plus de 15 ans de loyaux et bon services dans votre entreprise grâce à votre excellente gestion. Ancienne secrétaire de direction, bilingue parfaite en anglais, ayant travaillé sans compter ses heures pour ses "patrons" successifs, elle alterne aujourd'hui CDD car c'est dur de trouver à 50 ans un boulot.

Tout simplement, merci pour elle...

ps : je suis sûr que votre retraite à 20 000 euros par mois fera pleurer un grand nombre de lecteurs...

par Picorna le 30 avril 2007 à 21:26



20 000€ mensuel... et vous aviez peur pour "votre famille" si vous n'acceptiez pas les 4 millions de votre parachute doré ? La polygamie n'est-elle pas un délit en France !

par mickael le 1 mai 2007 à 07:05



@ Mickael

Pas compris ce commentaire. Qui a parlé de "peur" ?

par Gilles Klein le 1 mai 2007 à 10:41



Pierre B. affirme " j'avais à choisir entre ma famille et une certaine conception de l'honneur ", ce qui signifie grossiérement que soit il acceptait l'argent [et le déshonneur, cas de conscience que bcp n'auraient pas eu à sa place], soit il mettait, d'une certaine façon, en péril " sa famille ".

Avec 20 000€ mensuel, je me demandais simplement combien de femmes et d'enfants il pouvait avoir car certains smicards arrivent tant bien que mal à nourrir leurs 3 ou 4 enfants avec 70 fois moins.

par MiKE le 2 mai 2007 à 11:09



Pas de "péril", mais en renoncant à ce pactole il privait sa famille, ses descendants d'un vrai patrimoine....

par Gilles Klein le 2 mai 2007 à 13:34



La retraite de Pierre Bilger est fonction de son revenu précédent et de ses responsabilités. Elle est en ligne avec le marché et donc à l'abri de critiques. La comparaison avec un smicard me semble hors de propos. par contre, Pierre Bilger a eu le courage de renoncer à 4 millions ce qui devrait pousser le gouvernement à mettre de l'ordre au + vite dans les grands groupes où les excès minent la confiance des Français dans notre système économique! Il s'est créé une "caste" à l'abri des règles du marché! Cela doit être régulé car cela entrave la marche des entreprises en dehors du CAC 40!!

par natale le 27 mai 2007 à 19:54





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