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Un cameraman indépendant emprisonné en Californie

Publié le 2 août 2006 à 20:52

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Joshua Wolf, un jeune homme de 24 ans, a été emprisonné, hier mardi, à quelques kilomètres de San Francisco, après avoir refusé de livrer à la justice l'intégralité de la vidéo qu'il avait tourné, pendant l'été 2005, dans les rues de la ville lors d'incidents dans une manifestation contre un sommet du G8 qui se déroulait en Ecosse. Wolf, qui était étudiant à l'époque, avait vendu certaines de ses images à des chaînes locales de télévision, et diffusé certaines séquences sur Internet, mais il refusait de donner le reste des images réclamées par un juge pour identifier des manifestants qui auraient tenté de mettre le feu à une voiture de police.

Pendant le mois de juillet, Josh a évoqué régulièrement ses ennuis avec la justice sur son blog The Revolution will be televised (La révolution sera télévisée). Le dernier billet mis en ligne est signé de sa mère qui demande aux lecteurs de l'aider à payer les frais de son avocat qui fait appel de cette décision d'emprisonnement. Son avocat estimait qu'il pourrait bénéficier de la loi californienne qui protège le travail et les sources des journalistes, en s'appuyant sur le First Amendment right of speech de la constitution américaine, le juge fédéral William Alsup ne l'a pas suivi.

Diplômé de la San Francisco State University cette année, Wolf travaille pour une petite chaîne de télévision locale, Peralta TV, (diffusée sur le câble à Oakland, et alimentée par les élèves de quatre établissement scolaires de la ville, The Peralta Colleges) en tant qu'outreach director (il est entre autres chargé du site web, de la promotion et de la communication avec la presse).

Bien qu'il ne soit pas journaliste, son cas intéresse la presse, car il fait suite à une série de pressions des autorités, comme dans le cas de deux journalistes du San Francisco Chronicle qui doivent passer devant un juge car ils refusent de de dévoiler leurs sources dans une affaire de dopage. Difficile de faire un parallèle avec l'ex journaliste du New York Times, Judith Miller qui avait fini par dévoiler ses sources après avoir passé 85 jours en prison dans un centre détention à faible sécurité pour courtes peines. Miller a du quitter le journal quand son attitude s'est révélée ambigue puisqu'elle avait l'accord de son témoin pour révéler son identité bien avant d'aller en prison.

Des amis de Wolf ont ouvert un wiki The Free Josh Wolf Wiki appelant à sa libération.

Par Gilles Klein - Dans la catégorie podcasting/videoblogging
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Commentaires sur ce billet :




Il faut tout de même nuancer ce sujet : les "manifestants" en question sont des amis de Wolf qu'il a suivis, apparemment sachant dès le départ qu'ils avaient l'intention de commettre des actes de vandalisme. Ca n'est donc pas ni tout blanc ni tout noir.

par Arnaud H le 2 août 2006 à 22:39



Pour répondre au commentaire d'Arnaud H je ne crois pas que ce soit la position actuelle de la liste videoblogging ( videoblogging@yahoogroups.com) qui est actuellement très mobilisée sur le cas de Josh.
Josh n'est pas emprisonné pour participation à une manifestation interdite ou complicité dans la destruction d'une voiture de police. Il est emprisonné parce qu'il est un vlogger indépendant. Dire aussi que le vlogging n'est caractérisé que par le fait de tenir une caméra et de poster son travail sur le net ( ni une carte de journaliste, ni une carte de parti ) fait de vous un vlogger. Il y a des millions de vloggers dans le monde.
http://xi-vlog.loiez.org/2006/08/the_sniper_of_falluja.php

par Loiez le 2 août 2006 à 23:43



Il n'est pas emprisonné parce qu'il est vlogger indépendant, il est emprisonné parce qu'il a une cassette vidéo montrant des actes de vandalisme et qu'il refuse de la confier à la justice.

S'il était journaliste, la justice exigerait tout autant qu'il donne la cassette.

S'il était journaliste, il la donnerait sans se poser de question.

Dans tous les posts de soutien que j'ai lus, je ne voyais pas quelle raison il pouvait bien avoir de refuser ; maintenant que j'ai lu le commentaire d'Arnaud H, je comprends mieux.

par garoo le 3 août 2006 à 01:32



Cette affaire pose le probleme de la protection des sources. C'est un droit reconnu par la justice europeenne. En France, le ministre de la justice a promis de l'inclure dans la loi de 1881 sur la Presse.
A partir du moment où les blogs sont soumis aux obligations de cette loi, il serait tout aussi normal qu'ils profitent de toutes ses protections.

par Christophe Grébert le 3 août 2006 à 09:32



"S'il était journaliste, il la donnerait sans se poser de question", ecrit Garoo

Garoo, non pas du tout !!!!

Allez dire ça à RSF (www.rsf.org) ou au SNJ (www.snj.fr) et vous verrez leur réaction !:o)

par Christophe Grébert le 3 août 2006 à 09:35



Nous sommes d'accord, Christophe et moi ;-) Les journalistes refusent aussi bien en France qu'aux USA de communiquer leurs sources, et leur matériel (notes, photos, vidéos)

par Gilles Klein le 3 août 2006 à 12:11



Effectivement Gilles et Christophe, heureusement! Cette histoire de refus de collaborer avec l'institution coercitive me rappelle un peu l'histoire de ce photographe de l'AFP en Corse qui avait photographié des manifestants plutôt brutaux; il faudrait que je retrouve l'histoire exacte.

par Vincent le 3 août 2006 à 14:08



Encore une fois, les choses ne sont pas si simples. La loi californienne permet aux journalistes (professionnels et indépendants - un cas récent y inclut les blogueurs qui ont une activité de journalisme) de protèger ses sources. Mais il s'agit ici d'un cas fédéral. La loi fédérale américaine ne reconnaît pas ce droit.
Le scandale est donc que Wold ait été instruit de produire ses cassettes vidéo, simplement parce que la police soupçonne qu'elles puissent l'aider à identifier des incendiaires. Le fait qu'il soit blogueur, ou "vlogger", n'a absolument rien à voir.
Le problème aussi (et là c'est un "problème" médiatique), c'est que Wolf n'est pas exactement le candidat idéal pour illustrer la liberté de la presse et des blogueurs, puisqu'il est un anarchiste autoproclamé, qui a d'abord refusé de travailler pour les grands médias avant d'accepter du boulot ici et là.

par Arrnaud H le 3 août 2006 à 17:43



Le cas récent que cite Arrnaud H est sans doute l'affaire opposant Apple avec certains sites/blogs de rumeurs concernant ses activités.Cela concernait la Californie, et ayant perdu dans un premier jugement, Apple n'a pas jugé bon de faire appel (en retirant sa plainte) et de porter l'affaire au niveau fédéral ce qui aurait pu faire une sacrée jurisprudence concernant la protection des sources si Apple avait de nouveau perdu (ce qui semblait le cas, vu le dossier).

par Vincent le 3 août 2006 à 23:01



Oh, j'imagine bien des journalistes français se draper de leur supériorité morale pour refuser de fournir les cassettes, mais la situation doit être un peu différente aux Etats-Unis ; surtout, la décision du juge (parce que c'est bien beau de linker "The Free Josh Wolf Wiki" mais des informations un poil plus neutres ça peut être intéressant aussi, c'est pas ça qui définit le journalisme, tiens ?) n'a rien à voir avec le fait que ce soit un vlogger ou un journaliste professionnel, le coeur de la décision reposant sur le fait qu'il ne s'agit pas de protéger des "sources" ou quoi que ce soit qui mérite d'être confidentiel :

"Every person, from the president of the United States down to you and me, has to give information to the grand jury if the grand jury wants it,'' the judge said at the end of a 2 1/2-hour hearing in federal court in San Francisco. [...]
In ordering Wolf sent to prison, Alsup said the case had nothing to do with a journalist's confidential sources.
"There's no Deep Throat out there trying to protect his identity," the judge said. Noting that the events Wolf photographed all took place in public, Alsup asked, "Where does Mr. Wolf get to decide what will or will not be made public, when he never made a promise to anyone?"
http://sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?file=/c/a/2006/08/02/MNGNSK9MJ71.DTL


S'il avait filmé un meurtre et que ses cassettes pouvaient permettre d'identifier les tueurs, on ne se poserait pas la question. S'il y avait une agression, ou même un vol, est-ce que vous trouveriez ça choquant que la justice et la victime veuillent avoir une copie ? Là, il se trouve que la victime est une voiture de police, et que Joshua Wolf et l'ensemble des journalistes, fiers d'être un contre-pouvoir, ont décidé que ce qui est arrivé n'est pas moralement répréhensible, et il se trouve que le gouvernement américain et le juge saisi du dossier ne sont pas d'accord. Big deal.

Rha, je hais le corporatisme...

par garoo le 4 août 2006 à 07:04





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